du 2 septembre au 10 octobre 2004
Substance verte > ce qui se tient sous le vert est un dispositif visuel - une hybridation plastique réunissant peinture, sculpture et photographie - par lequel est donné à voir le phénomène de substitution d’une matière verte en archive blanche.
Avec une série de photographies captées in situ, je propose une exploration picturale et conceptuelle pour questionner la perception d’un réel, la potentialité des choses et leur représentation. En effet, Substance verte maximalise la spécificité plastique et le comportement numérique du digital green/M3060-00 afin d’exacerber l’écart entre l’impression de ce que quelqu’un peut percevoir de lui-même et des autres, d’un environnement immédiat et la médiatisation que lui en montre les images.
Le digital green/M3060-00 est une peinture verte inventée par l’industrie télévisuelle et cinématographique pour réaliser des effets spéciaux que l’on nomme colors keying, ou matte screen. La technique a été mise au point pour gommer numériquement les zones filmées colorées par ce produit pour les substituer en post-production par d’autres sources visuelles. Par conséquent, dans un studio de tournage, les surfaces, objets et techniciens qui sont recouverts par cette chromatique verte sont assignés à l’effacement.
Avec Substance verte, je profite donc de ce principe d’effacement pour révéler l’enjeu même de cette substance - du latin substancia, ” ce qui se tient dessous ” pour exposer une pratique de la disparition comme mode d’apparition. En effet, plutôt que de substituer une image à l’image, je n’y substitue rien. Renversant la fonction d’occultation du digital green/M3060-00 en mode de valorisation, je regarde et privilégie ce qui n’apparaît pas à la médiatisation, qui est pourtant là, sous l’apparence. En présentant une image trouée, vidée d’une part de son information, désexposée jusqu’au blanc du papier photographique, ce qui est disparu paradoxalement apparaît.
Substance verte, je mesure la délicate balance entre les parts manifestes et les parts latentes, les parts visibles et les parts invisibles, qui dans leurs jeux d’alternances et de contiguïtés composent l’expérience sensible et complexe du réel. Pascal Dufaux, 1er août 2004
Pascal Dufaux vit et travaille à Montréal. Il a exposé au Québec, en Suisse, en Finlande et au Mexique. Il fût résident à la Christoph-Merian Stiftung à Bâle en Suisse en 1997 et à la Finnish Artists’ Association à Helsinki en Finlande en 1998. Présentement en résidence de création au Médialab d’Oboro à Montréal, il réalise Substance verte, une oeuvre vidéo multidisciplinaire en collaboration avec le directeur photo Geoffroy Beauchemin, le compositeur Stéphane Claude, l’auteur Chantal Neveu et la chorégraphe Dominique Porte









