du 21 février au 22 mars 2009 - Prolongé jusqu’au 12 avril 2009
Le projet Le thanathoscope ou l’utopie de la préservation du « nous » propose, par le biais de la photographie, une réflexion et un questionnement sur l’identité et la futilité du temps qui nous entraînent inévitablement vers la mort, puis ultimement vers l’oubli. Le sujet des photographies semble ici être un prétexte à l’étude du passage du temps qui forge l’identité du « je » et du «nous». La personnalité de l’individu photographié s’efface au profit de ses caractéristiques physiques. Ses particularités corporelles, d’une main, le définissent, et de l’autre, trahissent sa temporalité et sa fatalité, son décès, et plus tard le moment où il mourra une seconde fois en disparaissant des mémoires. Dans ce contexte, la photographie devient un acte de résistance, une voie de contournement face à l’oubli de l’être cher, et de soi-même, en permettant de conserver et d’activer au besoin les mécanismes du souvenir.
La démarche de Jean Martin est mue par une volonté de documenter son entourage, de fixer le moment et de figer le temps. La préservation de « ce qui fut » ou de «ce qu’il fut » est au cœur du travail du photographe johannais. Présentés sous formes de photographies grands formats et exposés dans des boîtes lumineuses, les portraits sobres, presque cliniques, évoquent une standardisation de l’apparence humaine, comme dans les images des documents officiels, une représentation hors du présent, anonyme, imperméable au temps et aux époques.
















